‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 105 sur 266 · LE PORTRAIT · texte numérisé non relu

LE PORTRAIT

Martin, au contraire, ne goûtait pas madame Guyon, parlait peu ou point de Fénelon, et ajoutait volontiers à la portée légitime des saintes Écritures les traditions occultes de son ancien maître, dom Marlinez. Enfin, Salzmann, tout en tenant beaucoup à l'existence du monde spirituel et à la science de nos rapports avec lui, rejetait absolument la théurgie, dans ses opérations comme dans ses principes. Saint-Martin, au contraire, blâmant les opérations, professait les principes de l'art. D'ailleurs , la piété sincère et les sérieuses aspirations qui devaient rapprocher les deux théosophes ne les unirent pas. La stoïque austérité de l'un, si adoucie qu'elle fût dans ses formes et dans son langage, contrastait trop avec l'humble et gracieuse tenue d'âme de l'autre, pour que leurs rapports prissent les caractères de l'intimité et les conditions de la permanence. Au moment de laséparation, ce fut, non pas à Salzmann que Saint-Martin donna son portrait, mais à madame Salzmann, femme d'un grand caractère, d'une rare prudence et plus sceptique que croyante, mais pleine d'admiration pour la séduisante humilité du mystique. Après leur séparation ils n'échangèrent plus que quelques lettres. A la correspondance de Salzmann Saint -Martin préféra celle du baron de Liebisdorf , qui sympathisait avec ses principes théurgiques et l'aidait dans ses traductions de Bœhme ; à la correspondance de Saint-Martin, Salzmann préféra celle du conseiller Young-Stilling, qui sympathisait avec ses doctrines millénaires et l'assistait dans ses études pneumatologiques.

La première, la plus grande place dans les affections spirituelles de Saint-Mailin , fut prise par madame de

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