‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 110 sur 266 · LE NOUVEL HOMME · texte numérisé non relu

LE NOUVEL HOMME

de panthéisme. Il les avait prises à Técole de Bordeaux.

Quant à son Nouvel Homme ^ il nous apprend que plus tard il aurait fait son livre autrement. Cela ne se comprend pas très-bien. Il en conçut le projet et l'esquissa dans les premiers mois de sa rencontre avec le neveu de Swedenborg, mais il ne l'acheva qu'au temps où il suivait avec tant d'ardeur l'étude de Jacques Bœhme. L'ascendant du célèbre théosophe devrait donc s'y faire sentir par la raison que la nouveauté des impressions ou des idées en accroît l'influence; et puisqu'il ne publia l'ouvrage que six à sept ans après, il avait bien le temps d'y corriger ce qui ne lui allait plus en 1796.

Deux raisons me font croire, en eiFet, que dans l'intervalle il le retoucha plus qu'il ne dit. C'est d'abord l'esprit de l'ouvrage lui-même considéré dans ses a£Qnités avec le théosophe teutonique (voir surtout p. 422). C'est ensuite la déclaration de l'auteur, qu'il aurait dû l'écrire autrement tout entier. On ne s'aperçoit de la nécessité de se corriger à ce point qu'en essayant de le faire sérieusement. D'ailleurs, pourquoi aurait-il donné en 1796 un livre composé en 1789, et n'exprimant plus sa véritable doctrine? Aussi, de fait, cela n'est pas. Au contraire, le Nouvel Homme est, à peu de chose près, le véritable miroir de toute sa philosophie.

Toutefois, un livre inspiré par le neveu de Swedenborg doit porter quelque peu le cachet de la doctrine de ce dernier, et ce cachet s'y fait voir réellement dans quelques points de vue fondamentaux. Ainsi, Saint- Martin nous y dit que l'univers, l'univers temporaire ou sensible, le petit monde ^ est détaché de l'univers éternel , du grand monde^ et par là même détaché de

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