LE 16 OCTOBRE
blic de sa commune, Saint -Martin demeura à Petit* Bourg jusqu'en octobre. Il y était à cette époque avec son ami Gombaut, et il rapporte dans ses notes la mort de la reine, comme il a rapporté en janvier celle du roi, même laconisme, même soumission au style qui a cours forcé dans la république : ^
« J'étais à Petit-Bourg lors de l'exécution d'Antoinette le i6 octobre 1793. »
A la fin de la belle saison, Saint-Martin quitta le cercle de Petit -Bourg jadis si nombreux et si animé (grâce à la mal tresse de la maison, assistée de deux charmantes sœurs, la comtesse Julie de Sérent et la baronne de Sérent, spirituelles et instruites l'une et l'autre), maintenant réduit aux plus intimes et peu rassuré sur l'avenir de chacun d'eux. Il retourna dans sa petite ville pour régler ses affaires de succession, afin de pouvoir la quitter aussitôt que l'horizon viendrait à s'éclaircir, mais bien résolu à profiter du calme qu'elle pourrait lui offrir tant que l'orage continuerait à gronder sur Paris.
Il y avait d'ailleurs dans ces épreuves le bien qu'elles portent toujours avec elles pour les âmes pieuses. « Je vous félicite plus qiie jamais, dit Saint-Martin à son ami, de respirer l'air de la paix poUtique. Les circonstances veulent que j'en respire un autre : je me soumets et j'adore. Alors je trouve une paix qui vaut bien celle de la terre. Mais il me faut veiller pour qu'elle soit durable.»
Nous pouvons regretter qu'on n'ait pas laissé à Saint- Martin et à ses amis la liberté la plus entière de s'écrire leurs opinions même politiques , car elles étaient bien sages; mais leurs études mystiques gagnèrent beau*-