‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 129 sur 266 · SOPHIE CÉLESTE · texte numérisé non relu

SOPHIE CÉLESTE

coup à cette interdiction, et, sous ce rapport, leur correspondance de ces années est plus intéressante qu'à aucune autre. Ils redoublèrent d'ardeur. Les deux amis d'Amboise et de Morat s'enfoncèrent à qui mieux mieux dans la traduction de Bœhme ; le baron y ajouta Tétude du successeur de Bœhme, Gichtel, et le philosophe celle de son imitateur, Law.

Ils s*enquirent aussi de Jane Leade, de son ami Pordage et de Saint-Georges de Marsay; mais ils ne les abordèrent pas sérieusement. Saint-Georges , le maître de M. de Fleischbein, aurait dû intéresser spécialement le baron. Il avait souvent visité la Suisse et habité Berne. Il y avait laissé de nombreux admirateurs. A son tour le comte de Fleischbein, son élève, avait formé Dutoit-Mambrini, cet éloquent prédicateur de Lausanne, ce fécond écrivain qui prépara les voies aux deux correspondants, et dont les leçons, appréciées dans toute la Suisse française , disposèrent les esprits à Lausanne, à Genève, à Coppet et à Divonne en faveur des écrits de Saint-Martin. Ils ne prirent eux-mêmes qu'une connaissance imparfaite des écrits si remarquables de Dutoit, ce maître vénéré d'Alexandre Vinet ; tant ils s'absorbèrent dans l'école de Bœhme, se proposant de continuer,, l'un le théosophe Bœhme , l'autre le général Gichtel lui-même.

Le savant baron, le plus croyant des hommes, raconte à son ami la vie de l'enthousiaste Gichtel (lettre du 28 octobre 1794). Il lui dépeint en style très-épithalamique l'union , avec Sophie Céleste, de ce théosophe qui ne se croyait pas moins inspiré que son maître et plus avancé dans la voie de la réintégration. Il dépeint

Page 1