LE MARIAGE MYSTIQUE
la première visite que lui fit sa divine.flancée le jour de Noël, en i673; le ravissement du bienheureux mystique, qui vit et entendit dans le troisième principe cette vierge d'une beauté éblouissante. Il lui apprend qu'elle l'accepta pour son époux , consommant avec lui ses noces spirituelles dans des délices ineffables. Suit la renonciation du bienheureux époux spirituel, par ordre de Sophie, à toutes les femmes terrestres, riches et belles, qui le pressaient de les épouser.
On voit que cette beauté céleste, qui n'est autre que la sagesse en personne, la sagesse hypostasiée des guostiques, avait fait un peu de chemin depuis les premiers siècles de notre ère ; qu'eUe s'était faite chrétienne et théosophe ; mais que l'imagination des mystiques en avait fait très-peu. C'était là encore la vieille poétique des amants de la gnose ; car toute cette poétique de Bœhme et de Gichtel venait d'eux. Eux aussi célébraient des banquets éternels avec Sophie céleste dans le Plérâme de la félicité suprême.
Le colonel ajoute — car Liebisdorf fut colonel — qu'en i672, lorsque Louis XIV vint jusqu'aux portes d'Amsterdam, Gichtel, qu'il appelle notre général, « se servit de ses propres armes, qui chassèrent les étrangers, et que, par après^ il trouva dans les papiers publics les noms des régiments d'infanterie et des escadrons de cavalerie qu'il avait vus, comme face à face, poursuivant l'ennemi hors du territoire de la république. »
Celte lettre est une des plus longues et des plus curituses de toute la correspondance. L'exceUent Saint- Martin y répond le 29 brumaire.
« J'ai lu avec ravissement les nouveaux détails que