‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 149 sur 266 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

essentielle de la religion n'est pas la mission essentielle de la politique. Le but véritable de F association hu^ maine^ dit Saint-Martin, ne peut être autre chose que Ve point même doû elle est descendue par une altéra^ tion quelconque, La maxime parait imposante, mais elle ne soutient pas l'analyse. Qu'est-ce que le point d'où l'association humaine est descendue? Y a-t-il eu sur la terre une nation primitive ? Adam, avant sa chute, en fut-il une? Est-ce d'une altération de la société ou d'une altération de la nature humaine que parlent nos textes sacrés ?

Évidemment de la seconde. Et évidemment aussi, c'est à la religion, ce n'est pas à la politique qu'il appartient de rétablir l'homme dans sa primitive condition et dans sa relation originelle avec son piincipe.

Mais en s'expliquant d'une manière plus nette, en montrant la place véritable de la politique, Saint-Martin rentrait dans le vrai. La politique peut aider la religion. Par ses institutions eUe doit la protéger, la servir; par ses lois elle doit tendre vers celles du monde moral. Il est donc utile qu'elle les connaisse et les pratique, qu'elle s'élève à toutes les hauteurs de la philosophie elle-même. On pourra bien affirmer, dit la Lettre sur la Révolu^ tion française , que cette révolution n'aboutira qu'autant qu'eUe saisira les principes et y tiendra de toutes ses puissances.

Ce fut là, en mettant dans cette voie, malgré ses exagérations et le ton un peu déclamatoire de l'époque, que Saint-Martin mérita bien, non de la république qui ne l'écouta point, mais de la science. Et rien de plus religieux ni de plus élevé que ses vues sur les principes de

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