‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 148 sur 266 · DB LA BÉVOLCTION. 2SI · texte numérisé non relu

DB LA BÉVOLCTION. 2SI

lion bien petite, bien imparfaite, mais la question y est prise a dans sa racine et dans ses fondements. i>

<i Pour mener la révolution , cette grande crise de la société, à ses lins véritables, il faut en faire une régé-* nération de Thumanité en son état primitif, en son point de départ. Il faut donc commencer par envisager la vé* ritable origine de toute société. Or, à cet égard nos théories sont complètement fausses, et pour que les nations se renouvellent, il faut que d'abord la science ellemême se corrige. »

C'est, en effet, la grande et simple prétention de Saint-Martin de redresser les idées que les écrivains les plus admirés du temps, Condorcet, Rousseau, et Montesquieu lui-même, avaient données à tout le monde sur les conditions primitives de l'homme. De l'état de nature, de la vie du sauvage vivant de la chasse ou de la pèche, l'homme a passé, suivant eux, à la vie de berger et de cultivateur, se nourrissant du lait de son troupeau et des fruits de son champ. De ces hypothèses étayées de quelques traditions et embelUes de toutes les fictions possibles, de tous les charmes du talent, Saint-Martin est l'adversaire prononcé. Mais le premier d'entre ceux qui, depuis, sont entrés dans la lice avec le plus d'éclat, il tomba en combattant une grande erreur dans une. autre non moins grande. Celle qu'il attaquait n'était qu'une erreur historique ; ce qu'il soutint fut une erreur philosophique : ce fut de confondre la religion et la politique, de croire que le but de l'organisation sociale est essentiellement moral. Sans doute les lois éthiques président au monde moral tout entier, mais dans ce monde chaque science a son domaine. Ce qui est la mission

Page 1