‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 154 sur 266 · LA* TRADUCTION · texte numérisé non relu

LA* TRADUCTION

lui avait faite. En effet, Kirchberger, qui suivait de près les travaux et les progrès du rationalisme allemand, et Tactivité un peu fébrile de ses partisans exaltés, les éclaireurs, avait parlé dans plusieurs de ses lettres des intrigues auxquelles ils se livraient à ce sujet. Il avait prié Saint-Martin d'entretenir de cet état de choses ses amis de Paris, de les inviter à réfléchir sur les moyens de le combattre, ou du moins de ralentir la marche des adversaires de la foi. Saint-Martin, qui ne connaissait pas l'Allemagne, avait d'abord décliné sa compétence et celle de ses amis ; mais il se ravisa et pensa que son travail même pourrait faire quelque bien sur la rive droite du Rhin. De là sa proposition à Liebisdorf, de le faire traduire en allemand.

M. de Witt, ambassadeur des états généraux près des cantons, fut chargé, par son collègue de Suède, de la remise au baron de deux exemplaires de la brochure.

Celui-ci l'apprécie avec d'autant plus d'enthousiasme qu'il l'a plus impatiemment attendue, et la déclare, non pas une brochure, mais bien l'ouvrage le plus parfait qui ait paru sur la Révolution française, a Une page de ce livre contient plus de vérités que six mille volumes qui ont fatigué la presse sur cet événement. Vous avez donné la solution des plus grandes difficultés dans la théorie de l'ordre social... » Cela était de nature à consoler l'auteur de bien des froideurs qu'il rencontrait à Paris. Toutefois et quant à l'essentiel, Liebisdorf ajouta lui-même : a Mais après mûre et solide réflexion, je ne pourrais en aucune manière vous conseiller de choisir l'époque actuelle pour le faire traduire en allemand. »

On le voit, le baron savait payer son tribut à la vérité

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