‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 164 sur 266 · LA SCIENCE · texte numérisé non relu

LA SCIENCE

peu plus oratoire peut-être qu'on ne s'y attendrait de sa part dans une chose aussi intime et aussi grave, Bœhrae lui avait donné, dès cette époque^ « la nature de la substance même de toutes les opérations divines, spirituelles, naturelles, temporelles; de tous les testaments de TEsprit de Dieu, de toutes les Églises spirituelles, anciennes et modernes ; de l'histoire de l'homme dans tous les degrés primitifs, actuels et futurs ; du puissant ennemi qui, par l'astral, s'est rendu le roi du monde. » (Lettre du 29 messidor 1795.)

Il -faut l'avouer, on n'est guère aussi savant; il semble qu'à peine Dieu lui-même puisse l'être un peu plus. Et si Fheureux disciple de l'obscur Bœhme connut la substance même de toutes les opérations divines; s'il connut l'histoire de l'homme dans tous les degrés de son existence, même future, c'était bien le plus habile des mortels que son heureux maître. Aussi, il eût été tout simple qu'à pareille école Saint-Martin oubliât entièrement son premier initiateur; et c'est avec une légitime surprise qu'on voit tout à coup qu'il y tenait toujours.

c( J'ai remarqué hier, avec grand plaisir, écrit-il à celte époque même, qu'il (Bœhme] appuyait le point de doctrine admis dans ma première école, sur la possibilité de la résipiscence du démon lors de la formation du monde et de l'émanation du premier homme. » Singulière préoccupation de la part dé Saint-Martin dans ce moment ! Mais singulière fascination aussi, que celle que le grand théurgiste de Bordeaux exerçait encore sur le plus instruit de ses adeptes au bout de vingt ans ! En effet. Sainte Martin , dont nous avons constaté l'éloignement de ce qui méritait si peu ses sympathies, se dit heureux au bout

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