COMPLÈTE
de ce temps, de voir une des opinions les moins importantes de dom Martinez approuvée et d'avance autorisée par le théosophe de Gœrlitz. Ne va-t-il pas jusqu'à reprendre son ancien culte pour ce personnage dont il s'était détaché avec tant de sens et de raison !
En effet , voici ce qu'il avoue dans cette même lettre (11 juiUetl796):
« Notre première école (celle de Bordeaux) a des choses précieuses. Je suis même tenté de croire que M. Pasqualiz, dont vous me parlez, et qui, puisqu'il faut vous le dire, était notre maître, avait la clef active (?) de tout ce que notre cher Bœhme expose dans ses théories, maiô qu'il ne nous croyait pas en état de porter encore ces hautes vérités. Il avait aussi des points que notre ami ou n'avait pas connus, ou n'avait pas voulu montrer, tels que la résipiscence de l'être pervers à laquelle le premier homme aurait été chargé de travailler, idée qui me parait encore digne du plan universel, mais sur laquelle cependant je n'ai encore aucune démonstration positive, excepté par l'intelligence. »
Qu'on remarque le dernier mot. V intelligence donnait ce dogme à Saint-Martin , mais cette autorité ne lui suffisait pas pour admettre une doctrine beaucoup plus ancienne que Martinez ou Bœhme, puisqu'elle remonte à Origène, ainsi que je l'ai dit ailleurs ( Philosophie de la Religion^ t. II, vers la fin). Pour être assuré, il attendait qu'une autre autorité eût parlé. >
c( Quant à Sophie et au roi du monde, il (dom Martinez) ne nous a rien dévoilé sur cela, et nous a laissé dans les notions ordinaires de Marie et du démon. Mais je n'assurerois pas, pour cela^ qu'il n'en eut pas I9 con-