‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 167 sur 266 · LA BECQUÉE · texte numérisé non relu

LA BECQUÉE

viction , et cette douce perspective consolait toutes ses douleurs. Les crises où se débattait la France avaient jeté le philosophe dans la pauvreté, et les finances ruinées de la république menaçaient aussi la fortune de son ami, qui avait placé ses économies dans nos fonds publics. Saint-Martin s'en affligeait, mais il ne s'en prenait pas à la grande cause des principes. Sa fidélité à celleci fut inébranlable.

a Je n'en crois pas moins assurée, dit-il, l'issue de notre révolution, qui tient, comme je l'ai exposé dans ma brochure, à des bases inconnues à ceux qui , dans ce grand drame, ont été passifs ou actifs. )>

C'était prendre les choses de haut, mais juger avec un peu de dédain tant d'esprits distingués qui avaient figuré dans le drame depuis 1789. Au moins fallaitr-il indiquer plus clairement ces bases inconnues. Dans sa première brochure, la Lettre sur la Révolution fran-çaise , il n'en avait donné qu'un premier aperçu. Au milieu de ses travaux de missionnaire, confiné dans son pays natal , où il ne fit que de temps, en temps son métier de philosophe , où il n'y eut que par intervalles « quelques petits poulets qui venoient lui demander la becquée, d son bonheur fut avant tout de s'occuper de l'état moral et politique de la France. Ce fut toutefois sans négliger l'humanité en général. Les peuples lui semblaient plus à plaindre et les gouvernements plus à éclairer que jamais. Il entreprit de faire l'un et l'autre dans sa nouvelle brochure, en s'exprimant avec plus de netteté que dans la première et plus de douceur qu'il n'en mettait dans ses lettres à son ami. En effet, pour avoir toute sa pensée, il faut comparer les lettres avec

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