LES SOLDATS PHILOSOPHES
science et les distractions de leur logique, n'ont pu leur offrir plus d'intérêt que dans ces moments. Empreintes de toutes les solennités du malheur,' sans jamais trahir aucune de ces faiblesses ni de ces découragements que la raison ne pardonne pas plus au philosophe que l'Evangile au chrétien, elles montrent toujours, au contraire, ces deux vaillants athlètes de la foi, vieux soldats devenus philosophes, honorer ensemble la foi et la phi* losophie et s'occuper avec constance, avec ardeur de la méditation des mystères de Tune et de l'autre, tout en
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traduisant leur c< chérissime » théosophe.
Le baron travaille à un résumé général du philosophe teutonique ; il en traduit les Lettres et les soumet à son ami, qui tout aussitôt les lui renvoie corrigées ou mises au net et l'engage à continuer son double travail, quoiqu'il apprenne de madame de Bœcklin, qu'il existe déjà un résumé de Bœhme ; car sa correspondance avec cette amie unique a été reprise depuis que le comité révolutionnaire a cessé ses blessantes indiscrétions. L'autre, Saint-Martin, traduit V Aurore et les Quarante Questions de F âme, et sans cesse demande au baron, sur les termes difficiles et les phrases obscures, des éclaircissements qui lui sont donnés immédiatement avec autant d'abondance que de clarté. Ils sont entremêlés d'indications sur les traductions ou les résumés des mêmes textes, faits par le pieux Law, ainsi que sur les traductions et les résumés que le comte de Divonne, leur ami commun, fait à son tour des textes de Law.
Ce n'est pas tout. Plus les deux amis « étouffaient dans l'atmosphère morale et politique » de leurs pays respectifs, plus ils aimèrent à se réfugier ensemble dans