ALLÉGORIQUE
laissé Irop de belles pages pour qu'on lui pardonne volontiers celles qui ne le sont pas, et pour qu'on achète le plaisir d'en trouver quelques-unes de plus par l'élude de ce chaos qui rappelle, en un grand nombre d'excentricités, que son auteur fut compatriote de Rabelais.
Mais son traité des signes^ inséré par voie de fiction prophétique dans le corps de cette longue allégorie, est une vraie perle enchâssée dans une pierre lourde et opaque. Saint-Martin le sentit lui-même et le fit imprimer à part l'an vu , avec cette épigraphe imitée d'Horace et qui rend bien sa pensée : Nascuntur tdeœ, fiunt signa.
Le Crocodile^ ayant pu être imprimé en môme temps que le traité des signes^ avait donc été écrit les années précédentes : mais comment Saint-Martin a-t-il pu trouver dans ce temps-là le loisir et les dispositions d'esprit que demandait un ouvrage pareil?
C'est ce que les graves pensées que l'auteur y expose sous des foraies qui étonnent et la singulière force d'âme qu'il déploya au milieu de tous les tumultes externes, peuvent seules nous faire comprendre. Il est certain qu'au sein de toutes les violences, il n'en fut jamais atteint de rien, qu'aucun péril ne put ébranler son courage, aucune crainte effleurer sa sérénité, ni aucune déception le faire désespérer du salut de son pays.
Pour lui tout était réglé et tout était dirigé. Et il faut le dire en l'honneur de ses principes : ses principes firent le charme de sa vie.