‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 183 sur 266 · UN ROMAN · texte numérisé non relu

UN ROMAN

qu*il est de bon goût de ne pas choquer quand on veut y entrer. La véritable originalité , celle qui caractérise un penseur et lui marque une place indisputable dans la postérité, est quelquefois du côté du théosophe plutôt que du côté de son concurrent, mais il s*y soutient peu. Son obseiTation , « qu'en fait de signes il s'agit moins de la formation des idées, mot peu juste, que du développement de ces idées ; que, si nous ne trouvions pas dans nos semblables des germes propres à recevoir la fécondation, une (^hose analogue à l'idée que nous voulons leur faire entendre, jamais nous ne pourrions en former en eux la moindre trace , » — cette observation, dis-je, est si frappante, qu'on est surpris de ne la trouver que dans le volume oublié où elle s'est produite il y a plus de soixante ans. Car on ne cite plus ce travail. Mais c'est un grand tort, et nul ne doit écrire sur la question à moins de s'en être pénétré.

Par une de ces bizarreries auxquelles n'échappent pas toujours les hommes les plus graves, l'auteur a d'abord enfoui son écrit dans une allégorie de longue haleine, pleine de beaucoup de récriminations contre les compagnies savantes et les savants. Ce roman est inconnu aujourd'hui, comme tant d'autres de ce genre, et j'hésite à en parler. Car qui lit le Crocodile de nos jours et qui s'intéresse même à savoir ce qu'on y pourrait chercher?

C'est pourtant une de ces créations qui attestent une rare fécondité dans l'imagination et une merveilleuse entente de la langue. Seulement la sévère raison et le bon goût, si impérieusement exigés du génie national dans toute œuvre qui doit lui rester chère , ne régnent pas là au degré voulu. Puis Saint- Martin lui-même a

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