CHATEAUBRIAND
de nouvelles. Partout où s'annonçait une belle idée, une belle œuvre, une belle renommée, il voyait le soilffle de Tesprit divin. Nous avons vu qu'il rechercha Voltaire et Rousseau comme Martinez et Law, et vénérait Young- Stilling comme Lavater. Le Génie du Christianisme le fittressaDlir de joie, quojqu'il s'affligeât de l'idée dominante de ces pages admirées, et qu'à ses yeux, considérer la religion comme une source de poésie et d'éloquence, comme la muse auguste de la littérature et des arts, ce fût la méconnaître. Il releva cette erreur avec vivacité, mais il rechercha Chateaubriand avec empressement, et fut heureux d'une ejitrevue que son ami, M. Neveu, le peintre qui habitait les combles du palais Bourbon affecté à l'École polytechnique , lui ménagea avec l'illustre ami de Fontanes.
Saint-Martin nous rend compte de cette entreyue, ainsi que Chateaubriand le fait de son côté.
Ce qui offrirait le plus grand intérêt, ce serait un récit tout simple et tout fidèle des heures qu'ils passèrent ensemble. Ce récit nous manque. Ce furent l'hymne et l'épigramme qui se trouvèrent en présence, ce sont l'hymne et l'épigramme qui rendent compte de l'entrevue.
Écoutons d'abord l'épigramme, c'est-à-dire Chateaubriand, dont l'esprit vit essentiellement d'exagération en toute chose et alors même qu'un diner fait le principal sujet du tableau que sa plume nous esquisse. « J'arrivais au rendez-vous à six heures ; le philosophe du ciel était déjà à son poste... M. de Saint-Martin, qui d'ailleurs avait de très-belles façons, ne prononçait que de courtes paroles d'oracle. Neveu répondait par des exclamations...; je ne disais mot... M. de Saint-Martin, s'é-