AMBITIONS
Ni Tune ni l'autre de ces prétentions ne doivent d'ailleurs nous surprendre ; les mystiques ne reconnaissent pas les lois ordinaires de la critique, ni les limites où elles renferment la raison.
La première ^des deux, Tambition de la science la plus haute, n'est pas seulement dans la nature de Thomme, c'est sa nature même. Elle est aussi ancienne que lui, et elle sera aussi perpétuelle que lui.
La seconde , la prétention d'arriver à la moralité la plus haute, n'est pas la nature de l'homme, mais elle est évidemment dans sa nature. Elle lui répugue et elle TefEraye, cela est vrai. Mais elle est pourtant faite pour lui, soit qu'elle ait été sa condition première, comme le veulent presque toutes les religions de la terre, et la plus parfaite de toutes avec plus d'insistance qu'aucune autre; soit qu'elle doive être sa condition dernière, comme le veulent toutes les philosophies qui méritent nos hommages.
Rien de plus naturel, par conséquent, que l'une et l'auti^e de ces ambitions dans les aspirations du mysticisme : le mysticisme tient ces deux idéalités de Phumanité elle-même, et l'humanité les tient de qui elle tient tout.
Mais n'est-ce pas là dire en d'autres termes, que ces deux ambitions sont tout ce qu'il y a de plus légitime, et qu'elles seules, ou plutôt que les mystiques seuls, sont dans le vrai?
Non , car il est juste de distinguer une aspiration naturelle et régulièrement cultivée d'une exaltation surnaturelle ou illogiquement développée.
' En effet, tout mystique se distingue de l'homme qui ne l'est pas, de celui dont la science et la moralité sui-