LE GRAND
intelligente, ne seroit-il pas une œuvre figurative qui indiqueroit la nécessité d*un dépouillement intérieur pour parvenir à jouir de la présence de V Incréé dans notre centre? »
Voici la réponse du sage d'Amboise :
«Votre question sur M. deHauterive me force à vous dire qu'il y a quelque chose d'exagéré dans les récits qu'on vous a faits. Il ne se dépouille point de son enveloppe corporelle ; tous ceux qui, comme lui, ont joui plus ou moins des faveurs qu'on vous a rapportées de lui, n'en sont pas sortis non plus. »
Cela est clair; caries mots tous ceux disent nettement que l'auteur de la lettre est aussi un de ces privilégiés.
« L'âme ne sort du corps qu'à la mort, mais pendant la vie ses facultés peuvent s'étendre hors de lui et communiquer à leurs correspondances extérieures, sans cesser d'être unies à leur centre , comme nos yeux corporels et tous nos organes correspondent à tous les objets qui nous environnent sans cesser d'être liés à leur principe animal, foyer de toutes nos opérations physiques.
<( Il n'en est pas moins vrai que si les faits de M. de Hauterive sont de l'ordre secondaire, ils ne sont que figuratifs relativement au grand œuvre intérieur dont nous parlons ; et s'ils sont de la classe supérieure, ils sont le grand œuvre lui-même.
« Or, c'est une question que je ne résoudrai point, d'autant qu'elle ne vous avanceroit à rien. »
C'est faire entendre aussi clairement que le peut un homme naturellement humble et discret^ qu'il donnerait bien la solution s'il la jugeait utile.