‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 27 sur 266 · L*ABBÉ FOURNIE · texte numérisé non relu

L*ABBÉ FOURNIE

ments sont curieux, très-spéciaux en ce qui regarde l'élève lui-même, mais très-généraux en ce qui touche le maître, et nuls sur les opérations. Je veux parler de Tabbé Fournie.

L'abbé Fournie, qui était, je crois, du diocèse de Lyon et qui avait peut-être rencontré d'abord le mystérieux Portugais sur les bords du Rhône, avant de le suivre à Paris, s'attacha à ses doctrines spiritualistes de toute la puissance de sa foi, les conciliant, autant que possible, avec ses croyances très-catholiques. Il avait le plus sincère désir de ne pas déroger à celles-ci, mais il tenait de même à celles-là. Réfugié à Londres pendant les orages de la révolution, il y continua ses études théosophiques et y publia, en 1801, sous le titre, « Ce que nous avons été^ ce que nous sommes et ce que nous deviendrons^ r> un volume devenu très-rare, et qui est d'autant plus précieux que son auteur y expose, à son point de vue, ou croit fermement y exposer la doctrine même de Martinez de Pasqualis.

Cet ouvrage, par son intitulé même, rappelle le traité de la Réintégratiofi dont j'ai parlé tout à l'heure, entre immédiatement en matière, sans parler d'abord ni de son auteur, ni de son dessein, ni de la source où il puise, et donne, en apparence au nom de la foi chrétienne et catholique, des théories pneumatologiques qui, en réalité, vont bien au delà. Elles n'ont pour source véritable et pour garantie que la pensée personnelle de l'auteur, ou plutôt renseignement qu'il a traditionnellement reçu de son maître portugais. Ainsi que celui-ci, dans son traité devenu si rare, l'abbé Fournie donne dans le sien, rare aussi, de longs discours d'Adam,

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