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la suite de plusieurs opérations, à « la connaissance physique de la cause active et intelligente. » Cela veut dire à l'intuition ou la vue de Jésus-Christ, car c'est ainsi, c'est par les mots de cause active et intelligente^ que cette école théurgique désignait le Verbe , la Parole ou le Fils de Dieu. Aussi cela semble-t-il s'accorder parfaitement avec les visions de l'abbé Fournie, et bien établir que telles étaient les prétentions de l'école de dom Martinez. Mais on attribuait de plus à M. d'Hauterive la faculté ou le privilège de se dépouiller de son corps au point de le laisser là pendant ses ascensions mystiques. On ajoutait même que cette séparation avait l'inconvénient de livrer le corps à des influences dangereuses. Saint-Martin, à qui son correspondant de Berne en écrivit avec le désir d'en savoir la vérité, donna un démenti formel à ces bruits, en ce qui concernait la décorporisation, mais il passa sous silence le fond de la question, ainsi que nous le verrons en son lieu. Cette circonstance, rapprochée de la teneur des procès-verbaux des deux amis, ne me laisse pour mon compte aucun doute sur la nature de leurs aspirations et sur celle de leurs idées à cette époque. On ne prête qu'aux riches.
Je ne pense pas, toutefois, qu'ils aient aspiré à voir le Fils de Dieu, qui, sous ce rapport, ne figure pas dans la doctrine et dans les écrits de Saint-Martin comme dans le volume de Fournie. Est-ce principe, est-ce réserve? Je n'en déciderai pas ici ; car cette question reviendra à sa place, et elle sera facile à résoudre quand nous serons plus avancés dans nos études sur SaintrMartin, sur sa vie et ses écrits.
Quant aux conférences des deux amis, à Lyon, une
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chose m'étonne. C'est que leur maître commun, dom Martinez, qui fut souvent avec eux dans cette ville, n'y soit point mentionné. Saint-Martin, qui n'avait pas goûté ses opérations théurgiques à Bordeaux, ne se souciait-il plus de se mettre en contact avec lui ? Ou bien les deux jeunes gens étaient-ils bien aises de tenter ces voies téméraires pour leur compte, d'expérimenter avec une pensée d'examen plus libre, d'appliquer une critique plus indépendante et des idées plus détachées de la tradition, de la kabbale et du panthéisme de leur maître?
Je le pense.
Je ne vois plus en général, depuis Bordeaux, d'intimités suivies entre dom Martinez etM.de Saint-Martin. Je vois dans celui-ci une allure de plus en plus dégagée. Sa liberté , à l'égard des traditions de Bordeaux , n'est pas suffisante encore, mais déjà très-sensible, et l'on se ferait de la vie qu'il menait, soit à Lyon, soit à Paris, une idée très-împarfaite, si on le croyait toujours livré à la recherche de quelque société secrète ou limité au seul commerce avec le monde spirituel et avec les personnages mystérieux qui en déchiraient les voiles. Le monde qu'il voyait le plus était tout autre qu'un monde de théosophes ou de mystiques. Nous allons nous en convaincre en le suivant un peu dans ses relations les plus intimes.