‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 58 sur 266 · LES PASSADES · texte numérisé non relu

LES PASSADES

quîs de Lusîgnan , au curé de Saint-Sulpice Tersac , au maréchal de Richelieu , au duc d'Orléans , au médecin Brunet, au chevalier de Boufflers, à M. Thomé, etc., toutes connaissances qui n'ont duré qu'un moment et n'ont été que des passades. » (Portrait 170.)

On n'est pas plus empressé à convenir qu'on aime bien à discuter, mais qu'on ne change pas d'opinion. Au surplus, la phrase emporte le biographe un peu au delà de la stricte vérité. Le marquis de Lusignan, qu'il met dans ces passades^ n'y fut pas compris ; Saint-Martin garda pour lui , comme pour madame de Lusignan, un long et profond attachement.

Dès cette époque, Saint-Martin, attiré de tant de côtés , le fut même hors de France , et sans que ni lui ni personne nous en dise la vraie raison.

En effet, dès 1773 il fit en Italie un voyage dont il parle peu, ne nommant que deux ou trois villes qu'il vit. J'estime que ce fut un voyage de recherche ou d'information en son sens, un essai de propagande. Les craintes qui agitèrent le voyageur semblent bien le prouver. Quelles autres raisons que ses desseins et ses projets avait-il pour se préoccuper, par exemple, de l'inquisition? son premier ouvrage, ou n'avait pas encore paru, ou, s'il était publié, ne le compromettait pas aux yeux du saint office. Or il se surveilla. Écoutons-en l'aveu.

a En 1775 je' fis un voyage où je m'embarquai de Nice à Gênes. Il se trouva dans la felouque un inquisiteur de Turin avec qui je liai conversation , et à qui je parlai peut-être un peu trop franchement sur certains objets et certaines gens. Dans la route je lui demandai combien il y avait du lieu où nous nous trouvions à une

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