‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 62 sur 266 · VOLTAIRE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE

ouvrage de son protégé, afin de le disposer à Tentrevue désirée par Saint-Martin. Le spirituel vieillard, qui n'avait rien à refuser au maréchal, son grand ami et son confrère à l'Académie, Voltaire, que flattait d'ailleurs tout hommage de ce genre, avait immédiatement répondu un mot de sa façon : « Le livre {Des erreurs et de la vérité) que vous avez lu tout entier, je ne le connais pas ; mais s'il est bon, il doit contenir cinquante volu^ mes in-folio sur la première partie et une demi-page pour la seconde. r> Quand il eut lu ce gros volume qui blessait toutes ses idées et condamnait toute son œuvre de propagande, il le critiqua avec dédain, brutalement ; mais il se garda bien d'en dire sa pensée au maréchal de Richelieu. Ce fut dans une lettre à d'Alembert (22 octobre 1777), qu'il jeta son courroux. Cependant, il ne se refusa pas à l'entrevue qui lui fut demandée de nouveau par Richelieu. D'ailleurs six mois s'étaient écoulés depuis la lecture qu'il avait faite du volume de Saint- Martin, et sa mort (10 mai 1778) le dispensa de la visite* de l'Illuminé , au moment où elle devait avoir lieu.

Il est à regretter que nous n'ayons pas, tracés de la plume de chacun d'eux, quelques mots d'appréciation réciproque à comparer aux récits de V entrevue Char' teaubriand.

Du côté de Saint-Martin, le désir de voir l'auteur des Lettres philosophiques était né d'une admiration sincère. On n'est pas plus juste que ne l'est Saint-Martin pour un écrivain qui blessait toutes ses tendances et condamnait, à son tour, toute son œuvre de propagande à lui : c( Il est impossible^ dit-il, de ne pas admirer

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