VERSAILLES
temporel, il serait devenu un autre homme que moi.
<( Rousseau était meilleur que moi, je Tai reconnu sans difficulté. Il tendait au bien par le cœur, j'y tendais par Fesprit, les lumières et les connaissances. C'est là ce qui nous caractérise Tun et l'autre . Je laisse cependant aux hommes d'intelligence à discerner ce que j'appelle les vraies lumières et les vraies connaissances, et à ne pas les confondre avec les sciences humaines^ qui ne font que des orgueilleux et des ignorants. »
Quel beau jugement, quelle humilité ! Et quelle indulgence pour l'homme, si opposé que soit l'écrivain à la doctrine du juge! Une entrevue entre deux personnages si soucieux de justice et de tolérance, si originaux l'un et l'autre, racontée par l'un et l'autre, eût offert aux contemporains et à la postérité un bien grand intérêt. Mais cette entrevue devait échouer comme la précédente et par la même raison.
Les larges tributs payés aux deux plus grands écrivains du siècle et aux plus illustres représentants des tendances reUgieuses que Saint- Martin avait à combattre, n'arrêtèrent point son activité sérieuse dans la lutte. De sa part, la guerre fut toujours aussi mesurée dans la forme que fervente au fond.
n se rendit, vers cette époque, à Versailles et y fit un séjour sur lequel il ne nous donne, encore une fois, dans ses notes, que de très-légères indications, qui ne permettent de soulever qu'une partie du voile.
a Pendant le peu de séjour que j'ai fait dans cette ville de Versailles, dit-il, j'y ai connu MM. Roger, Boisroger, Mallet, Jance (Gence?), Mouet (Monet?), Mais la