‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 81 sur 266 · LE MÉMOIRE · texte numérisé non relu

LE MÉMOIRE

profonde rupture qui tenait l'humanité éloignée de ses rapports primitifs avec son auteur.

Le mémoire qu'il envoya au concours s'attachait d'abord à donner une bonne définition de la raison, à montrer que pour y soumettre les hommes il faut les ramener à la condition et à la science primitive de l'espèce humaine. Cette science fut longtemps secrètement transmise de sanctuaire en sanctuaire et d'école en école , et elle établissait fortement cette spiritualité qui distingue l'homme de la bête , et qu'a si bien proclamée « Rousseau de Genève. » Puis l'auteur cherchait à dire ce ce qui manque à l'homme lorsqu'il arrive sur la terre pour y remplir la loi commune à son espèce. » C'est, suivant lui , la connaissance « d'un l\en secourable qui unisse l'homme et sa source par des rapports évidents et positifs. » Il cite encore le « philosophe de Genève » à l'appui de cette thèse , et conclut a que • des lumières certaines sur nos relations primitives sont les seules connaissances qui aient sur nous des droits assurés. » Or, c'est en nous-mêmes que nous trouvons la clef de cette science, ce sont les rayons de la lumière divine qui éclairent notre intérieur. Faites reconnaître ce divin rayonnement, ce rapport primitif de l'homme avec Dieu, et vous aurez résolu le problème, vous aurez banni du sein de l'humanité les erreurs qui lui voilent le vrai, et ramené à la raison les peuples qui se sont livrés aux superstitions. Mais pour cela il faut que ceux qui doivent les guider s'éclairent les premiers. ^Tant que vous regarderez, s'écrie-t-il, la nature et l'homme comme des êtres isolés, en faisant abstraction du seul principe qui les vivifie tous les deux, vous ne ferez que les défi-

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