‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 90 sur 266 · PARME · texte numérisé non relu

PARME

L'émigration ne remontant pas si haut, on est tenté de supposer une erreur de date, ou d'admettre un peu de confusion dans les souvenirs de deux voyages différents. Mais Saint-Martin n'est pas retourné en Italie depuis 1787, et la difficulté subsiste. Je l'ai déjà signalée en parlant de ses relations avec madame de Lusignan et d'autres familles qu'il dit y avoir vues dans l'émigration. Il est d'ailleurs hors de doute que Saint-Martin passa à Parme ladite année. Il note, qu'il le fit sans voir les Flavigny qui s'y trouvaient, et que déjà nous avons ajoutés à la longue liste de ses restions.

Le fait est qu'il fut à Rome dès l'automne de 1787.

Quels sont ceux de ses amis de 1775 qu'il revit en Italie, et quelles dispositions /?owr5«5 objets y trouva-t-il au début de la nouvelle ère qui s'ouvrait alors, non pas pour la France seulement, mais par elle pour l'Europe?

Ces dispositions étaient autres, évidemment, car Saint- Martin osa cette fois se rendre à Rome, où il n'avait pas été douze ans auparavant, ne voulant pas même alors se montrer à Turin ; mais il garde à ce sujet un silence absolu. Nous parlons des dispositions religieuses seulement. Car, quant à la politique, elle n'entrait pour rien, à ce qu'il me semble, dans les idées qui motivèrent ce voyage.

Déjà la monarchie française était affaiblie au point qu'elle se croyait écrasée par le chiffre de ses dettes, chiffre dont on rirait aujourd'hui; déjà, dans le pressentiment de sa décadence, les uns déclaraient la vieille politique aussi impuissante à répondre aux exigences du siècle qu'aux nécessi^s de l'État, tandis que les autres ne trouvaient de salut que dans le maintien de

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