‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 113 sur 360 · SCHELLING · texte numérisé non relu

SCHELLING

Saint- Martin dit à la vérité des choses étranges, inacceptables pour les esprits critiques. Il affirme que Dieu même ne prend corps que par son opérer ; que le Mikrothéos, l’homme, le petit Dieu, répond au Makrothéos, au grand Dieu; que l’homme est esprit divin ; que la créature doit continuer, dans sa région à elle, la pensée, la parole et l’œuvre de Dieu. Il ne s’agirait que de l’interpréter, dans des textes de ce genre, avec un peu de bonne volonté pour le trouver tout à fait schellingien. Par exemple, il dit bel et bien : « Le premier moment de la création est la distinction de la créature du Créateur. Le second moment est la réunion dans la différence. » Cela donnerait à qui le voudrait absolument le principe même du système de l’identité. Mais, on le sait, nul ne résiste à un interprète bien décidé à trouver dans quelques textes, un peu forcés, d’une part, un peu aidés de l’autre, ce qu’il y cherche. On a pratiqué ce système à l’égard de Schelling et de Saint-Martin, et l’on a trouvé entre les deux penseurs d’étonnantes analogies. Et pourtant Saint-Martin, qui a pu friser l’Allemagne en chaise de poste et habiter à Strasbourg au moment où Schelling publiait ses premiers écrits, n’a jamais lu une page ni professé une théorie quelconque de son illustre contemporain. Il offre avec Schelling des analogies frappantes, cela est vrai, mais elles sont facilement expliquées par la source commune où ils puisèrent tous deux avec trop de confiance, j’entends le philosophe teutonique .

Toutefois, à l’époque où le Nouvel Homme fut écrit. Saint -Martin connaissait peu ou point les ouvrages de Bœhme , et ce ne fut pas là qu’il puisa ses apparences

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