I7II-ITI
Saint-Martin, rappelé par son père qui se croyait à l’article de la mort, quitta définitivement Strasbourg dans les premiers jours de juillet 1791, pour se rendre auprès de lui ù Amboise. Il parait que son père se rétablit assez bien pour demander peu de soins et le laisser tout entier aux douleurs de sa séparation de Strasbourg. Ces douleurs sont vives et éloquentes. De son paradis il est tombé en son enfer ; car Amboise est son enfer, et c’est un enfer de glace. N’étaient l’étude de son chérissinte B (oehme) et les lettres de sa chérissime B (œcklin), il ne saurait supporter son exil. Car il y est en exil. La résidence de son choix, le pays de son cœur, c’est l’Alsace. Auprès de scs attachements pour ce paradis pâlissent même ceux de Gœthe et d’Alfieri. Il le dit sur tous les tons, et sa peine est sincère ; c’est la privation de ses plus grandes jouissances. 11 a bien les écrits de son maître avec lui, mais il sait trop peu l’allemand