‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 176 sur 360 · LES PORTRAITS · texte numérisé non relu

LES PORTRAITS

ceux auxquels on demandait une place dans les souvenirs les plus chers. Nous jouons au portrait à bas prix ; mais c’est à peine si nous sentons encore toute la douceur de ces échanges symboliques alors si bien appréciés, ou du moins si bien célébrés.

L’ami de Saint-Martin fut si touché, à son tour, du cadeau qui lui parvint, et de l’accueil qu’on avait fait à son faible don, « qui n’a été qu’un premier essai, » qu’il en parla avec effusion. 11 pria « son cher frère » de le regarder comme son fermier, « les propriétaires de France qui jouissent de vingt à trente mille livres de rente, mais ne sont pas cultivateurs eux-mémes, u’ayant pas dans les circonstances de quoi se pourvoir du nécessaire. » Dans sa reconnaissance pour un portrait si gracieusement donné, l’aimable Bernois avait fait crayonner le sien à la hâte, et il s’empressa de l’offrir en échange de celui qu’il avait reçu.-

Où trouver de nos jours des procédés aussi délicats et aussi gracieusement empressés? Nous sommes aujourd’hui vraiment loin du dix-huitième siècle, même de sa fin.

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