‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 175 sur 360 · UNE OFFRANDE · texte numérisé non relu

UNE OFFRANDE

homme de Morat. Il eût été impossible aussi d’accepter avec plus de réserve et plus de fierté convenable que ne le fit le gentilhomme d’Amboise. « Plus habitué à donner qu’à recevoir, écrivit celui-ci, il ne renvoie pas le cadeau ; d’abord un peu pour ne pas afficher lui-même une fierté qu’à l’occasion d’un don semblable il a blâmée dans J.-J. Rousseau; mais surtout pour ne pas priver un ami des douces jouissances d’une bonne action. »

En même temps il envoya pour la somme a dont il était sûr de n’avoir pas besoin, un de ses fermiers venant de le payer en métal, un récépissé qu’il espérait bien aller retirer en personne, en rapportant le gage si précieux de leur amitié. »

Signalons cette lettre , qui est du 8 nivôse an IV, à tous ceux qui aiment M. de Saint-Martin, et surtout à ceux qui ont des préventions à son sujet.

Il n’est pas beaucoup d’âmes plus belles sur la terre. La sienne est économe et large, fière et bumble, délicate et forte. C’est l’harmonie des vertus qui semblent se faire contraste. Touché comme il l’est du procédé si délicat et du sentiment si tendre de son ami, il lui donna un témoignage d’attachement qu’il ne prodiguait pas, son portrait.

Nous avons vu à quelles amitiés il l’avait accordé, huit ans auparavant, en s’arrachant, sur les ordres de son père, aux mystiques attraits de la ville de Strasbourg.

Le portrait jouait à cette époque un rôle d’une importance qu'il a complètement perdue dans nos mœurs. Il figurait volontiers à la tête des volumes les plus affectionnés de leurs auteurs, et en relevait, sinon la valeur, du moins le prix vénal. On échangeait le polirait avec

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