‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 2 sur 360 · VIU PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIU PRÉFACE

nais pas de vie contemporaine, si haut que je la cherche, qui puisse être mise au-dessus de la sienne, encore qu’elle soit défectueuse en fin de compte.

J’ajouterai que c’est là ce qui m’a le plus attaché à

cette étude, et que, ce qui m’a paru le mieux mériter un peu d’attention partout en l'état où nous sommes, c’est cette existence si pure et si sereine au milieu de tant d’orages, si détachée en face de tous les attachements les plus vifs et des plus impérieux intérêts. Quand autour de lui tout est, ou bien passion, ou violence, ou persécution, ou peur, Saint-Martin est calme, aimant, sur, désintéressé : le sage en personne. Et il l’est, non pas de par sa nature, mais de par sa volonté et sa raison.

Cela est toujours beau, et pour nous, aujourd'hui, cela est un peu plus beau que pour d’autres en d’autres circonstances.

Voilà ce qui m’a attaché; et ce qui m’a fait croire qu’un certain nombre de feuillets sur Saint-Martin pouvaient offrir quelque attrait ou quelque utilité.

J’ai eu des raisons spéciales pour écrire ces pages.

Une rare bonne fortune a fait tomber entre mes mains, dans un voyage à l’étranger, les deux petits volumes manuscrits du traité de dom Martinez, De la Réinté-

PltÉFACE.

f/ration, dont je ne connais que deux exemplaires, l'un en France, l’autre dans la Suisse française. J’ai donc pu comparer les deux copies les meilleures qui existent de cette relique devenue si rare.

Le propriétaire actuel des manuscrits de Saint-Martin, légués par celui-ci à M. Gilbert, par M. Gilbert à M. Chauvin, manuscrits dont on a fait récemment la vente à un de mes amis, a bien voulu les mettre tous à ma disposition.

J’ai pu consulter de même deux copies de la célèbre correspondance , en majeure partie encore inédite , de Saint-Martin avec le savant patricien de Berne. Et j’ai • pu joindre à ces lettres si instructives, celles, inédites aussi, ducomte deDivonnequem’a communiquées M. le baron de Stenglin , ainsi que celles de Maubach , et celles de madame de Bœcklin , la plus célèbre d’entre les amies de Saint-Martin, et que m’ont communiquées les personnes de Suisse et de France qui les possèdent.

Sans être tout à fait du groupe de Saint-Martin , il s’en était formé un, en Suisse, autour de son ami de Berne, le baron de Liebisdorf, groupe composé principalement du conseiller d’Eckartshausen , de mademoiselle Lavater et de mademoiselle Sarazin ; puis un autre eu

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Allemagne, autour de Young-Stilling, et où sc remarquait, après le grand duc régnant, dont il était l'ami , madame la baronne de Krudener, dont la vie eut des phases si diverses. J’ai lu les lettres de l’un et de l’autre de ces deux groupes , et j’ai trouvé dans les remarquables communications qui ont eu lieu entre eux, la correspondance qui répand le plus de jour sur celle de Saint-Martin : c’est celle de Young-Stilling et de Salzmann, qui est en ma possession.

Enfin, M. Taschereau a bien voulu, avec une rare courtoisie, mettre à ma disposition une copie du manuscrit autographe du Portrait , qu’il possède, et j’y ai puisé à pleines mains.

Mais si j’ai pu, grâces à ces secours, esquisser une biographie un peu complète d’un penseur éminent, il m’est toutefois arrivé souvent de rencontrer d’autant plus d’énigmes et d’obscurités nouvelles que je croyais avoir plus réussi à en dissiper d’anciennes. Si bien qu’aux plus vives expressions de ma reconnaissance pour les riches communications qu’on a bien voulu me faire, je dois joindre ici de plus vives supplications, à l’adresse de tous ceux qui ont quelques indications sur les personnages si nombreux et si considérables avec

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lesquels Saint-Martin s’est trouvé en rapport : je les prie de vouloir bien , en l’honneur de sa mémoire et dans l’intérêt de la science, m’en faire part à l’adresse de mon éditeur.

Il n’est pas de complément ni de rectification que je ne sois prêt à recevoir avec la gratitude la plus empressée ; car on me permettra sûrement d’en profiter avec toute l’indépendance que j’ai mise dans mes appréciations soit de la doctrine, soit de la vie de l’éminent penseur.

Matter.

Ptrit, I" nui 1862.

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