‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 242 sur 360 · LE GRAND · texte numérisé non relu

LE GRAND

intelligente, ne seroit-U pas une œuvre figurative qui indiqueroit la nécessité d’un dépouillement intérieur pour parvenir à jouir de la présence de YIncréé dans notre centre? »

Voici la réponse du sage d’Amboise :

«Votre question sur M. de Hauterive me force à vous dire qu’il y a quelque chose d’exagéré dans les récits qu’on vous a faits. Il ne se dépouille point de son euveluppe corporelle; tous ceux qui, comme lui, ont joui plus ou moins des faveurs qu’on vous a rapportées de lui, n’en sont pas sortis non plus. »

Cela est clair; car les mots tous ceux disent nettement que l’auteur de la lettre est aussi un de ces privilégiés.

« L’âme ne sort du corps qu’à la mort, mais pendant la vie ses facultés peuvent s’étendre hors de lui et communiquer à leurs correspondances extérieures, sans cesser d’être unies à leur centre, comme nos yeux corporels et tous nos organes correspondent à tous les objets qui nous environnent sans cesser d’être liés à leur principe animal, foyer de toutes nos opérations physiques.

« Il n’en est pas moins vrai que si les faits de M. de Hauterive sont de l’ordre secondaire, ils ne sont que figuratifs relativement au grand œuvre intérieur dont nous parlons ; et s’ils sont de la classe supérieure, ils sont le grand œuvre lui-même.

« Or, c’est une question que je ne résoudrai point, d’autant qu’elle ne vous avancerait à rien. »

C’est faire entendre aussi clairement que le peut un homme naturellement humble et discret, qu’il donnerait bien la solution s’il la jugeait utile.

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