‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 243 sur 360 · ŒUVRE · texte numérisé non relu

ŒUVRE

« Je crois vous rendre plus de service en portant vos yeux sur les principes qu’en voulant vous arrêter dans les détails des faits des autres. »

En général, de tout ce qui surprend le plus dans la vie de certains mystiques et fait autant le scandale des adversaires que l’admiration des partisans, Saint-Martin forme des phénomènes de la grande œuvre intérieure, de cette sanctification et de cette transformation morale qu’elle amène avec toutes ses conséquences naturelles.

Ces conséquences sont d’ailleurs les choses les plus légitimes du monde, si la première de toutes est cet état de rectitude intellectuelle , d’élévation de pensée et de pureté d'affection que demandent tous les mystiques sincères. Car ce sont là précisément celles de toutes nos habitudes que demandent aussi tous les moralistes sérieux ; puisque ce sont celles de toutes qui donnent à la vie de l’âme son plus vif élan, et qui impriment même à celle du corps sa plus puissante régularité.

C’est, en effet, un des traits les plus essentiels de la vie de Saint-Martin, d’être aussi pudiquement mystique que le veulent le goût châtié de son siècle et la délicatesse ombrageuse de son éducation. Comme tous les mystiques, sans doute, il aime le mystère, le secret, les associations intimes, les hommes qui s'y meuvent, les livres qui en traitent. Comme tous les mystiques encore, il affectionne le style figuré, l’expression symbolique, le langage qui voile la pensée plutôt qu'il ne la dévoile. Et sans doute encore sa parole comme sa vie est toujours empreinte de ces penchants à un degré qui souvent impatiente un peu le lecteur et qui d’autres fois le décourage. Toutefois, s’il se laisse souvent aller à ces défauts, il les

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