‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 250 sur 360 · LA TRANSFORMATION · texte numérisé non relu

LA TRANSFORMATION

liore notre être. Chacun sait ce que fait de nous la logique, ce que fait de nous l’esthétique, et surtout ce que fait de nous la morale : elles transforment le jeu de trois ordres de nos facultés au point qu’on peut dire sérieusement que ces études survenant en nous, nous élèvent au-dessus de ce que nous étions sans elles. Toutefois, ce qu’elles nous procurent n’est qu’une modification. C’est uu développement qui nous perfectionne, il est vrai, et assure une plus grande portée à nos facultés, mais ne nous donne pas de facultés nouvelles. Ces études et les pratiques qu’elles éclairent nous font valoir plus que nous ne valions auparavant : elles ne nous font pas autres que nous n’étions. La théosophie et ses pratiques font-elles plus? Font-elles et donnent-elles ce que ne fait et ne donne aucune autre science au monde? Produisent-elles dans notre être lui-même une telle transformation et une telle élévation que, dans le vrai et sincère mystique, la nature humaine soit autre et douée non-seulement de facultés plus parfaites que dans celui qui ne l’est pas, mais de facultés plus nombreuses et autres ?

Si non , le mysticisme n’est qu’une des formes de perfectionnement entre lesquelles on peut choisir; si oui, il est la forme qu’il faut préférer et la seule qu’un homme de sens puisse choisir; et toutes les autres n’étant que des formes élémentaires, faites pour le vulgaire, elles ne doivent fixer aucun homme éclairé.

Telle est bien l’opinion de ceux des mystiques et des théosophes qui se glorifient de n’être pas philosophes, et qui, sans se rendre raison de leurs voies, y avan-

l'intuition.

cent avec d’autant plus de témérité qu’ils y cherchent plus d’éblouissements. Est -ce aussi celle de Saint- Martin ?

Le plus sage et le plus instruit des mystiques modernes, le mystique et le théosophe par excellence, doit être écouté ici avec une grande attention ; car ce qu’il nous dira, lui, ce sera évidemment la vraie doctrine du mysticisme et de la théosophie.

Eh bien! je n’hésite pas à répondre en son nom trèsaffirmativement à la question posée.

Sans nul doute, à ses yeux, le mysticisme d’abord, la théosophie ensuite, la science unique qu’ils forment, est une initiation à un ordre de choses tel qu’il amène dans l’homme la transformation radicale de tout son être, donne au jeu de toutes ses facultés, non pas seulement une régularité merveilleuse, mais une facilité extraordinaire, une portée et des puissances inconnues aux profanes. Les profanes ne jouissent ni des mêmes lumières, ni des mêmes forces, ni du même point de vue qui éclairent l’initié en toutes choses. Ils ne participent pas au même degré h l’assistance d’en haut. Ils appartiennent à une catégorie inférieure pour la science, à une catégorie inférieure pour la pratique et vivent dans une région où sont enchaînées les facultés les plus essentielles de l’homme. Saint-Martin nous dira tout à l’heure que l’initié, celui qui est rentré dans ses rapports primitifs avec son Principe, grâce au rétablissement de ces rapports par le Fils de Dieu et à l’identification de sa volonté avec la volonté divine, participe à la puissance de Dieu et fait œuvre avec Dieu !

Il y a plus, l'organisme dn mystique lui-même se

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