‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 251 sur 360 · LES PRIVILÈGES · texte numérisé non relu

LES PRIVILÈGES

transforme, si déjà il n’cst autre, de naissance et de prédestination.

Du moins, Saint-Martin, sous ce rapport même, se savait favorisé, et le disait bien souvent et bien haut. Il était venu au monde par voie de dispense; il était né avec peu d’astral ou peu de ces éléments organiques de la sphère sidérale que gouvernent les puissances inférieures. Si tous les mystiques ne prétendent pas avoir, comme lui, joui de privilèges de naissance, tous aspirent à des privilèges d’éducation et d’adoption , tous en admettent avec confiance, tous se promettent une transformation très-sensible, et même dans leur organisme. Par la consécration du corps à la Cause active et intelligente, et par la résidence permanente du Verbe dans ce temple qui lui est affecté, il arrive que ce n’est plus le vieil homme, l’homme profane, mais le nouvel homme qui vit en eux. Ils sont encore eux, mais ils ne sont plus qu’une sorte de sanctuaire. C’est le Verbe, le Christ, qui est leur pensée, leur affection, leur vie : tout est ainsi divinement transformé en eux. Saint-Martin, qui donne cette condition modifiée pour son état propre, et le dit clairement au baron de Liebisdorf au sujet du comte d’Hauterive, est à cet égard le type de l’initié; il n’est pas une exception, une édition à part, il n’est qu’un bel exemplaire.

Toutefois, qu’on ne s’y trompe pas; dans ce mysticisme si perfectionné, si raffiné, tout est à prendre spirituellement. Ce n’est pas le corps de l’homme, c’est l’homme qui est le temple de Dieu. Si l’homme est le type de l’univers, c’est surtout « l’esprit de l’homme qui l’est; il est plus que le monde entier, puisqu’il est

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