‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 258 sur 360 · LE SENSIBLE · texte numérisé non relu

LE SENSIBLE

imprimés, dans sa correspondance inédite. Des disciples aussi enthousiastes que lui et son ami ont pu espérer, sinon enseigner, à l’imitation de Bœhme et de Gichtel, des influences puissantes de la part du monde spirituel même sur le corps, des modifications considérables dans les facultés physiques. Us ont dû, pour être conséquents avec eux-mêmes, attribuer à l’union de l’âme avec la céleste Sophie, et à la présence constante en nous du Verbe divin dont elle est comme le corps spirituel, des effets correspondants à cette union sur la personne tout entière de l’homme. On doit se refuser, toutefois, à toute induction de ce genre, si autorisée qu'elle paraisse, en face des déclarations si précises qu’on trouve dans les lettres de Saint-Martin et de Liebisdorf. Pour le premifl', cela est tout simple , sa nature est essentiellement spiritualiste ; pour le second, le fait est plus remarquable. Avec son peuchaut à tout matérialiser, avec son désir de voir et avec ses aspirations à la jouissance du sensible visible, Liebisdorf était un adepte difficile à convertir au spiritualisme véritable, lit pourtant il lui a bien fallu se rendre. 11 ne se rendit qu’en désespoir de cause, et après avoir défendu son point de vue pied à pied. Mais il se rendit si bien, qu’à l’instar de son maître il finit par faire peu de cas, lui aussi, des choses extérieures, des communications reçues d’autrui, des traditions transmises, de tout ce qui a tant de prix aux yeux du vulgaire.

Dans leur doctrine dernière, enfin devenue commune à tous deux, c’est Dieu qui produit en nous toutes les véritables manifestations. — « llien ne peut nous être transmis véritablement par aucun moyen humain , si

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