NOM
sont devenues ce qu’elles sont; car si tous les mots prononcés dans l’univers y devenaient substantiels et y agissaient comme des substances, de quelles substances le monde serait plein ! Et de quelles œuvres ces substances seraient les causes!
Aussi Saint-Martin, ici encore, et quoiqu’il soit comme le principal promoteur de cette singulière théorie, se hAte -t-il de se prononcer nettement, autant que le permet sa politesse, contre toute espèce de crédulité exagérée à l’endroit des merveilles opérées par tel mode ou tel autre de prononcer certains noms, et en particulier le grand nom.
Qu’on comprenne bien la portée du débat. 11 n’est pas purement spéculatif, il est, au contraire, essentiellement pratique. En effet, il s'agit de deux formes d’une pratique très-mystérieuse, de l’évocation et de l’invocation, dont la première demande une apparition eu personne , la seconde une assistance extraordinaire.
Saint- Martin, en apparence, combattait l’évocation, accompagnée de certaines cérémonies.
A-t-il proscrit toute invocation comme toute évocation ?
En apparence et dans sa pensée externe, oui, à cause des abus qu’il redoutait; mais dans sa pensée intime il a pu régner ou flotter autre chose.
A-t-il même évité, dans sa pensée intime, toute exagération quant à la transformation de l’organisme par les grAces attachées à la vie mystique? Il serait aussi téméraire de vouloir trancher cette question d’après ses écrits que d’après les traditions ésotériques de son école. « 11 était très-réservé, très-secret en tout, dit Salzmann. » Il l’est dans sa parole écrite, dans ses volumes