LA COURONNE
sans volonté distincte, car toute sa vie cette personne a eu un profond désir de l’abîme, et a toujours mis Dieu au-dessus de tout; mais je vous renvoie à la première page de ma lettre, et je vous rappelle que c’est une fructification naturelle. Dans cette personne le sensible intérieur a été longtemps avant le sensible invisible ; mais il s’est accru depuis, et il s’accroît tous les jours pour elle. Elle espère avant de mourir un développement plus considérable encore. La volonté de Dieu soit faite. Amen. »
C’est donc dans la conquête de cette couronne fjue gît la science et que gît la gloire de Saint-Martin; c’est le grand secret, tout le secret de sa vie intérieure.
Et comment a-t-il obtenu sa couronne? Sans doute par une grâce; mais cette grâce n’est venue couronner que ce qui était digne de l’être, ce qui était prêt à la recevoir. Or, la préparation s’est faite par tout cet ensemble d’études et de travaux, d’aspirations et de sentiments, d’amour des choses suprêmes et des œuvres incessantes, que la philosophie appelle le perfectionnement moral, que la religion chrétienne appelle la vie en Dieu , mais que la théosophie, avec un peu d’alfectation , appelle la vie de Dieu en nous.
C’est là ce que Saint-Martin appelle la vie véritable, la seule qui mérite notre attention. Et sous ce point de vue Saint-Martin est un des types les plus curieux à étudier. Il est au moins le plus curieux, si ce n’est le seul complet d’entre tous ceux que présente l’histoire contemporaine. Contemporain de trois penseurs plus éminents que lui, tous trois fort distingués dans la voie du perfectionnement moral , tous trois appliqués très-