LE TYPE
sérieusement et sincèrement attentifs à la vie intérieure, j’entends Maine de Biran, Royer-Collard et de Gérando (dont la biographie complète reste à faire), il s’est mis au-dessus de tous les trois à un degré qui le met à part. Sans doute chacun de ces hommes éminents a jeté un éclat plus vif que lui ; mais, si supérieurs qu’ils lui fussent, soit dans la spéculation métaphysique, soit dans la connaissance des systèmes, leurs idéalités éthiques étaient très-inférieures aux siennes, je veux dire beaucoup moins ambitieuses. Aussi n’eu peut -on égaler aucun d’eux à Saint-Martin sous ce rapport, et comme il n’est pas dans les temps modernes de vie comparable à la sienne, qui a le cachet d’un type, on ne doit pas négliger d’en tirer tout ce qu’elle donne d'instructions ou môme de solutions. Certes, je ne veux pas soulever à ce sujet, et en son entier, le difficile problème, à savoir, D'où vient que notre morale, celle de l’espèce humaine , est si belle , et la moralité si imparfaite ; mais je veux, du moins, laisser tomber sur ce problème, le plus haut de la philosophie des mœurs, tous les rayons que présente la vie de l’illustre mystique. Quand un penseur aussi brillant et aussi sincère a consacré son existence à la solution pratique d’un problème; quand il a pris soin lui -môme de nous indiquer, dans des notes écrites avec une rare droiture, le travail qu’il a fait et les moyens qu’il a mis en jeu, esquissé ses plus grands projets et avoué ses plus grandes chutes, proclamé toutes ses idéalités et ilétri toutes ses imperfections, le moins qu’on doive faire c’est de s’emparer d’un tel exemple et de le prendre, sinon dans toute sa richesse et dans toute sa pro-
t,’ ILLUMINATION .