SERVI» A DIEU
qu’iiattendoit, pour faire une alliance entière avec moi, que j’eusse rompu avec tous les rivaux qui occupoient encore mon àme, mon cœur et mon esprit. »
Complétons cette belle pensée dans le sens du noble penseur.
Si Dieu est jaloux de nous, c’est qu’il nous a faits pour lui et qu’il a besoin de nous, non-seulement pour être aimé, adoré et glorifié dans l’univers, mais encore et surtout pour y être aidé de nous, aidé dans la réalisation de ses desseins suprêmes; car c’est peu de chose que de servir Dieu, il faut servir à Dieu, puisqu’il nous a choisis pour être ses instruments. Nous sommes les ouvriers de sa pensée dans la fraction du monde où il a fixé notre demeure, et au sein des créatures immortelles qu’il nous donne pour compagnes.
« J’entends souvent parler dans le monde de servir Dieu , dit Saint-Martin, mais je n’y entends guère parler de servir à Dieu ; car il en est peu qui sachent ce que c’est que cet emploi-là. »
Mais comment servirons-nous à Dieu?
Un type nous est donné dans la grande manifestation du Fils de Dieu; mais celle-là n’est-elle pas unique? Sans doute; seulement, grâce à elle, l'identification de notre volonté avec celle de Dieu et notre participation à sa puissance sont si intimes et si merveilleuses, que « chaque homme, depuis la venue du Christ, peut, dans le don qui lui est propre, aller plus loin que le Christ. » (Portr., 1123.)
A l’appui de cette doctrine, d’une hardiesse trop évidente, Saint-Martin cite un texte sacré qui ne l’autorise pas, mais que je ne discute pas, voulant me borner à