LES FAUTES
le met dans une voie tout opposée. Et désormais il ne veut plus prendre la science dans les ouvrages ou dans, la parole des hommes qui l'offrent à tout’ le monde ; adorant le mystère, il la cherche auprès de ceux qui la donnent sous des titres ambitieux, sous le voile et le symbole. 11 affectionne les systèmes, les doctrines, les opinions qui se cachent. Aux yeux d’un esprit de la nature la plus lucide, c’est leur mérite de n’être pas reçues dans le monde. De là, dans son Ame si droite et si élevée, si avide des sciences divines et si spécialement appelée à les cultiver, cette recherche si empressée de toutes les doctrines théosophiques ou mystiques , et cette déférence si prolongée et si étrange pour des opérations théurgiques ou magiques auxquelles il participe eu dépit de ses répugnances; de là ces études somnambuliques et magnétiques qu’il poursuit à Lyon, et dont il plaide la cause contre Bailly et Franklin ; de là ces combinaisons de chiffres et d’hiéroglyphes astrologiques auxquelles il se livre avec tant d’obstination même après son âge mûr et jusqu’à la veille de sa mort, en dépit du peu de cas qu’il fait des travaux analogues d’Eckartshausen ; de là aussi quelques-unes de ces pérégrinations qu’il voile avec tant d’attention; de là, encore, dans l’intelligence naturellement si pure du pieux philosophe, ce culte si idolâtre pour le mvstagogue de sa jeunesse auquel, vingt ans après, il attribue son entrée dans les vérités supérieures, comme s’il n’avait trouvé aucune de ces vérités dans la religion de ses pères ; et de là enfin ce culte plus idolâtre pour le philoso- • phe teutonique dont il dit n’être pas digne de nouer les cordons de ses souliers, et dont les écrits abandonnés