‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 286 sur 360 · LA VRAIE LOI · texte numérisé non relu

LA VRAIE LOI

siste précisément à s’engager dans les choses du temps pour s’élever à celles de l’éternité. Loin de demander l’immolation des unes aux autres, elle sert celles-ci sous le nom de celles-là. La participation aux choses supérieures est en raison de la participation aux choses inférieures. Voilà la vraie loi; et dans la règle, qui arrive trop vite arrive mal préparé.

Ce sont-là, dans une vie saintement conçue, quelques ombres à marquer, et qui semblent bien compromettre l’idée de faire passer Claude de Saint-Martin pour un type de haute moralité. Toutefois, si les aberrations sont graves en apparence, du moins elles ne sont pas nombreuses : en réalité elles tiennent toutes à une seule, et cette aberration est généreuse elle-même en son origine. Elle est la mère de plusieurs autres qui ne sont au fond, comme elle, que des exagérations de vertus. Cela est si vrai, que, vues d’un peu haut, ces exagérations désarment la critique ; et si les ombres quelles projettent sur cette belle existence ne disparaissent pas tout à fait pour se transformer en lumières, il en est au moins qui deviennent très-transparentes. Unies aux lumières qu’elles entourent, elles nous laissent voir dans la personne du « philosophe inconnu » un degré de moralité qui n’approche pas, il s’en faut, du but de la perfection divine, mais qui aspire avec une admirable sincérité et avec toutes les illusions qu’elle donne, à ce qu’on peut appeler sensément la perfection humuine.

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