‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 38 sur 360 · CAZOTTE · texte numérisé non relu

CAZOTTE

entièrement dans sa correspondance avec un secrétaire de la liste civile, Ponteau. Ses lettres, saisies au 10 août, le firent arracher de Pierry et conduire ainsi que sa fille, qui était son secrétaire, à la prison de l’Abbaye. En vain cette fille héroïque, âgée de vingt ans, lui sauva la vie au 2 septembre, en l’entourant de ses bras et en criant aux massacreurs ces mots sublimes : « Vous n’arriverez au cœur de mon père qu’après avoir percé le mien. » En vain , ce cri de l'âme joint à la vue du vénérable vieillard fit reporter le père et la fille chez eux en triomphe. Réclamé par le tribunal institué pour juger les crimes du 10 août, Cazotte, séparé de sa fille, fut condaraué à la mort, après un interrogatoire qu’il soutint pendant trente-six heures, et malgré les éloges que l’accusateur public et le juge se plurent à donner à ses soixante-douze années de vertus, le proclamant bon fils, bon époux et bon père. « Cela ne suffit pas, dit le président, et il faut encore être bon citoyen. » Avec un peu de justice, on lui aurait laissé le temps de le devenir. On ne voulut pas le soumettre à cette épreuve et Cazotte mourut le 25 septembre 1792, cette année même que nous verrons Saint-Martin passer si tristement à Amboise.

De tous les disciples de Martinez de Pasqualis, le spirituel Cazotte fut, avec l’abbé Fournié, celui qui l’honore 'e plus sous le point de vue que voici.

On a souvent suspecté les convictions religieuses du célèbre Portugais. On a dit qu’en dépit de ses concessions de langage, il était resté juif. Nous avons vu, en parlant de Fournié, que cette opinion ne doit pas se soutenir. A sou tour Cazotte devient chrétien sincère

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