ET LA DIOR ALE
sous la direction de Pasqualis et même il s’arrête là, l’Évangile lui suffit. Le maître eut peut-être désiré le conduire plus loin, l’élève ne s’y prêta pas, et la conduite de l’un et de l’autre, celle de l’élève qui s’arrête où sa conscience le veut, et celle du maître qui respecte sa réserve, n’en est que plus belle. Dans tous les cas le témoignage de l’abbé Fournié, qui nous apprend que Martinez s’appliquait sans cesse à mener à Dieu, au Dieu des chrétiens , gagne singulièrement par la vie de Cazotte , vie à ce point dévouée à la morale évangélique qu’il la pratique même minutieusement , et qu’il en respecte les délicates sévérités, même dans ses compositions les plus gaies. Cazotte, il est vrai, n’est pas martinéziste caractérisé dans ses publications ; mais il y est toujours spiritualiste, et il l’est grâce à son maître, dont il répand l’enseignement à son point de vue, jusque dans ses Contes arabes. J’ai dit que son Diable amoureux , qui présente une pneumatologie si piquante, est une création de pure fantaisie et antérieure à son initiation.
Cazotte mérita et rencontra quelques sympathies de la part de Saint-Martin. Mais sa réserve sur les grands objets du théosophe ne plaisait pas à celui-ci; cela ne répondait ni à l’élan de ses aspirations ni à la vivacité de ses affections transcendantes.
D’une autre part les hardies allures du prosélytisme de salon de Cazotte choquaient ses habitudes. Cela sentait la profanation.
Sous ce double point de vue le comte d’Hauterive et la marquise de la Croix, qui appartenaient au monde aristocratique, répondaient mieux à ses vues comme à ses goûts.