SAINT-MARTIN ET D II AL'TERIVE
chose m’étonne. C’est que leur maître commun, dora Martinez, qui fut souvent avec eux dans cette ville, n’y soit point mentionne. Saint- Martin, qui n’avait pas goûté ses opérations théurgiques à Bordeaux, ne se souciait-il plus de se mettre en contact avec lui ? Ou bien les deux jeunes gens étaient-ils bien aises de tenter ces voies téméraires pour leur compte, d'expérimenter avec une pensée d’examen plus libre, d’appliquer une critique plus indépendante et des idées plus détachées de la tradition, de la kabbale et du panthéisme de leur maître?
Je le pense.
Je ne vois plus en général, depuis Bordeaux, d’intimités suivies entre dora Martinez et M.de Saint-Martin. Je vois dans celui-ci une allure de plus en plus dégagée. Sa liberté, à l’égard des traditions de Bordeaux, n’est pas suffisante encore, mais déjà très-sensible, et l’on se ferait de la vie qu'il menait, soit à Lyon, soit à Paris, une idée très- imparfaite, si on le croyait toujours livré à la recherche de quelque société secrète ou limité au seul commerce avec le monde spirituel et avec les personnages mystérieux qui en déchiraient les voiles. Le monde qu’il voyait le plus était tout autre qu’un monde de théosophes ou de mystiques. Mous allons nous en convaincre en le suivant un peu dans ses relations les plus intimes.