‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 53 sur 360 · LES OPÉRATIONS · texte numérisé non relu

LES OPÉRATIONS

« Je n’étois point assez avancé dans ce genre ni dans aucun autre genre actif, pour faire un grand rôle dans cette excellente société ; mais on y est si bon qu’on m’y a accablé d’amitiés.

« Duval étoit un incrédule qui avoit résisté à tous les docteurs et à tous les théologiens. Il vint me voir à Paris, et Dieu permit qu’en deux ou trois conférences je lui fisse faire complètement demi-tour à droite; de façon qu'il est devenu aussi exemplaire qu’il l’avoit été peu autrefois. Je l’ai revu en 1792 lorsqu’il fut nommé colonel de dragons. Ses vertus m’enchantèrent, et je n’ay pu le définir autrement qu’en disant que c’est un corps de fer, un coeur de feu et une âme de lait. Ses connaissances ne me paroissent pas égaler ses vertus ; mais qu’a-t-il à regretter en cela? Il est devenu lieutenant général. »

On opérait donc dans ces sociétés. Et outre le genre des opérations où Saint-Martin n’était pas fort et ne voulait pas l’être, il y avait d'autres genres actifs. Ceuxlà, il les appréciait; si bien qu’il regretta de il y être pas assez avancé. 11 ne l’était assez dans aucun genre actif. Je ne veux pas essayer de soulever, sur ces genres, le voile qu’y jette sa discrétion; mais je veux constater qu’il s’attribue avec plaisir un rôle plus marqué dans le genre enseignant. D’un incrédule, du futur colonel Duval, il fait en deux conférences un croyant, dont quinze ans après les vertus l’enchantent.

A cette époque de première ferveur, toute autre affaire s’effaçait, aux yeux de Saint-Martin, devant sa mission morale ou religieuse. Les choses les plus saisissantes pour le vulgaire l’émouvaient peu ou point.

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