‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 62 sur 360 · LES FORMES ET LES INTELLIGENCES · texte numérisé non relu

LES FORMES ET LES INTELLIGENCES

plupart de ces hommes avaient été initiés par les formes. Aussi mes intelligences étaient-elles un peu loin d’eux; Mouet est un de ceux qui étaient les plus propres à les saisir. »

Cela est bien concis et bien obscur au premier abord. Toutefois nous savons quelle mission Saint-Martin allait remplir à Versailles, il le fait bien entendre. Quelques mots mettront cette mission en son vrai jour. La ville de Versailles, dès cette époque, était un foyer de mouvements théosophiques et probablement déjà d’opérations théurgiques. Un peu plus tard, elle eut deux Loges ou deux associations d’adeptes qui prenaient, comme les véritables martinézistes, le titre de Cohen, que nous avons expliqué, ou celui de Philalèthes, c’està-dire d’amis de la vérité. Comme Saint-Martin luimême, ils se rattachaient directement à dom Martinez de Pasqualis. Cela résulte des fragments de procèsverbaux que j’ai sous les yeux. S’étaient-elles greffées sur des Loges maçonniques ou se composaient-elles de membres tirés de ces Loges? Je ne saurais le dire. Je remarque bien dans ces fragments une sorte de terminologie qui est ordinaire aux Loges, mais j’y trouve quelque chose de plus, et surtout des idées de pneumatologie dont les Loges ne s’occupent pas. Les martinézistes, véritables ou dégénérés de Versailles, allaient plus loin que les Loges sous un autre rapport. M. Gencç nous dit que, pour plusieurs d’entre eux, ce n’était pas la science du monde spirituel, c’était la recherche de la pierre philosophale qui les préoccupait, et que cette aberration éloigna Saint- Martin de leur société. Il paraît qu'à l’époque où Saint- Martin se rendit à Ver-

Page 1