DES ÉTOILES FIXES
« En second lieu, quand il serait vrai qu’elles sont fixes comme elles le paraissent, on ne pourrait nier qu’en différents endroits du ciel il n’ait paru de nou- < velles étoiles, qui ensuite ont cessé de se montrer; et je ne cite que celle qui fut remarquée par plusieurs astronomes en 1372, dans la constellation de Cassiopée. Elle égala d’abord en grandeur la claire de la Lyre, puis Syrius, et devint presque aussi grande que Vénus Périgée, de sorte qu’on la voyait à la vue simple en plein midi. Mais ayant perdu peu à peu sa lumière, on ne l’a plus revue. D’après d’autres observations, on a présumé qu’elle avait fait des apparitions précédentes, que sa période pourrait être de trois cents et quelques années, et qu’ainsi elle pourrait reparaître sur la fin du dixneuvième siècle.
« Si nous observons de telles révolutions, de tels changements, parmi les étoiles fixes, on ne peut douter que quelques-unes d’entre elles n’aient un mouvement.
Il est certain aussi que la variation d’une seule de ces étoiles doit influer sur la région à laquelle elle appartient , et y porter assez de prépondérance pour en déranger l’harmonie locale.
« Si l’harmonie locale peut sc déranger dans une des régions des étoiles fixes, ce dérangement peut s’étendre à toutes les régions. Elles pourraient donc cesser de garder constamment leur position respective, et céder à la force de l’attraction générale qui , les réunissant comme tous les autres astres à un centre commun, anéantirait successivement le système de l’univers.
« On ne voit point arriver de semblables désastres; et si la nature s’altère, c’est d’une manière lente, qui laisse