‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 85 sur 360 · BAILLY · texte numérisé non relu

BAILLY

à l’un ou à l’autre. Saint-Martin, pour faire tomber ses doutes, cita des résultats obtenus sur des chevaux traités par le magnétisme , et qu’on ne pouvait guère soupçonner de compérage. Surpris du fait, Bailly lui répondit, peut-être avec plus de pétulance que de gravité : « Eh! que savez-vous, monsieur, si les chevaux ne pensent pas?» — Et , là-dessus , Saint-Martin ne put s’empêcher de s’écrier à son tour : « Monsieur, vous êtes bien avancé pour votre âge ! »

Cette réplique, non pas inconsidérée, mais impossible, mit naturellement fin à la négociation. Saint- Martin ajoute à sa faute celle de la rapporter lui-même, non sans quelque complaisance , car il la qualifie d’étourderie, et celle d’appeler misérable le compte rendu par l’Académie. (Portr., 122.)

Il faut apprécier avec équité ces deux jugements, et se rappeler que Bailly n’était alors ni l’homme illustré par les nominations cumulées de trois Académies qui voulurent se l’associer, ni le personnage devenu si éminent depuis, soit au sein de nos assemblées politiques, soit à la tête de la commune de Paris. Loin de là, c’était encore le bonhomme Bailly, « aux traits tirés et anguleux, à la chevelure longue et touffue, qui, d’après une note contemporaine, surchargeait plutôt qu’elle n’ornait sa tête; l’homme qui écoutait avec dociüté, parlait peu, et proposait modestement ses doutes. »

Cela explique la possibilité du mot impossible que lui dit Saint-Martin, mais cela ne le justifie pas.

Peu après ces deux échecs, subis l’un à Berlin, l’autre à Paris, et qui ne demeurèrent toutefois stériles ni l’un ni l’autre, Saint-Martin reprit son œuvre de haute

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