‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 89 sur 360 · LAW · texte numérisé non relu

LAW

cément du siècle, Voltaire l’avait mise à la mode parmi nous par ses Lettres philosophiques. Depuis leur apparition, on imitait volontiers, soit dans l’aristocratie , soit dans le monde savant, le voyage un peu forcé et l’admiration trcs-sincèrc du premier écrivain de l’époque. Le frère de madame la duchesse de Dourbon, princesse qui portait une estime si bienveillante à Saint-Martin, le duc d’Orléans, lui-méme ami de Saint-Martin, était peutêtre le panégyriste le plus décidé des mœurs et des institutions anglaises. Le philosophe, qui se préoccupait des lors des plus hautes questions de morale et de politique, rencontrait donc l’invitation de visiter la nation anglaise dans tout ce qu’il voyait et admirait le plus.

A côté de ces attraits l’Angleterre en offrait d’autres à Saint-Martin : une suite notable d’écrivains mystiques, depuis JaneLeade, élève contemporaine de J. Bœhme et fondatrice de cette Société philadelphienne qui eut des affdiations dans tout le nord de l’Europe, jusqu’à William Law, traducteur du célèbre philosophe teutonique, ou plutôt auteur d’une nouvelle édition delà traduction anglaise la plus ancienne de ses œuvres.

William Law, ministre anglican, se faisait remarquer précisément à cette époque par la tendresse toute mystique qui respirait dans scs publications morales et religieuses ; et dans un pays où régnaient encore une foi ardente et une grande piété au milieu des bruyantes attaques des libres penseurs, un écrivain d’une si haute mysticité dut rencontrer de vives sympathies. Law jouit de cet avantage. Animé de tous ces sentiments de foi pénitente et d’humilité évangélique auxquels Saint - Martin lui-même s’appliquait eu sa qualité de mission-

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