‹ Saint MartinChapitre 120 sur 317 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

quelque réunion de prélats: dans tous les cas, ses relations amicales avec ces deux vénérables personnages nous prouveraient une fois de plus, s'il en était besoin, que le haut clergé des Gaules ne s'était nullement ligué contre lui. Par déférence pour eux, et avec cette humilité sincère qui ne l'abandonnait pas au milieu de ses plus grands succès, il répondit qu'une pareille demande devait bien plutôt leur être adressée : ils étaient beaucoup plus saints que lui ; ils pouvaient tout auprès du Seigneur. Mais, comme on le pense bien, ils ne l'entendirent pas ainsi. Martin fut obligé de céder à leurs prières, à celles d'un père éploré et de la population tout entière : après avoir fait retirer la foule, en présence de ses deux collègues seuls , il se mit en prière , suivant son habitude, bénit un peu d'huile en prononçant la formule de l'exorcisme, introduisit ce liquide ainsi consacré dans la bouche de la jeune fdle, et aussitôt elle appela pour la première fois son père, qui se précipita, fou de joie, aux genoux du saint. Ce nouveau prodige fut rapporté à Sulpice par le prêtre Evagrius , un des témoins oculaires'. L'évêque, comme toujours, s'en retourna chargé des bénédictions du peuple, et, continuant de semer sur sa route les biens de l'âme avec ceux du corps, il regagna son diocèse. On prétend qu'en repassant à Vendôme il administra le baptême aux nombreux catéchumènes qu'il y avait laissés ^

J'ai déjà parlé des voyages de saint Martin dans le Maine, à propos de l'élection de l'évêque Victor, son suffragant. 11 n'est donc pas douteux qu'il ait évangélisé cette région, ainsi que l'Anjou, oîi nous l'avons vu appelé par une affaire semblable; car, d'après tout ce que l'on sait de ses habitudes, il ne traversait jamais un pays sans y faire entendre la parole de Dieu. Mais il n'a pas laissé derrière lui, dans ces deux provinces, un sillage bien marqué: en dehors des légendes

' Sulp., DUil. m, 2. = V. Doin Pioliii , Hixl. dr fÉglise du Mans, I, 91.

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