CHAPITRE
Byzance, ce grand enseignement de l'histoire. Byzance, voilà où sont allées les provinces de l'empire romain qui n'ont pas été nettoyées par les robustes balayeurs du Nord ; voilà où nous serions allés, nous aussi, et très vite, si cet élément de vie et de jeunesse n'avait pas été jeté dans le creuset par le Dieu qui voulait créer la France.
Ainsi donc, la race germanique nous a apporté de réels avantages, je le reconnais sans marchander; mais, hâtonsnous de le proclamer, ces avantages étaient plutôt des aptitudes qu'un i)rincipe de vie. Les Germains ont été un instrument: ils ne pouvaient être le salut. Seuls, ils eussent été aussi impuissants, aussi stériles que les Gallo-Bomains seuls. Bien plus, le mélange des deux races n'eût abouti qu'à une barbarie plus compliquée, si l'opérateur divin se fût borné là. Les barbares, comme l'a dit un savant trop peu connu, seraient restés barbares sur la terre romaine, ou n'auraient participé à la civilisation de Borne que pour tomber et mourir bientôt avec elle'.
' Lehuérou, Inslilulions mcrovingiennes , [). 245.
Fig. c. — Drauahlsman , pion pour le « jeu de tables » sculpté sur défense de morse et conservé à l'AsUmolean Muséum d'Oxford (Xii» siècle).
ACTION VIVIFl/